F. Bonneau sur la réforme territoriale: “Ce projet constituerait un véritable hold up électoral et sifflerait bel et bien, s’il devait s’imposer, la fin de la décentralisation ! »
Simplification, économies, clarification : tels étaient les objectifs que le gouvernement prétendait poursuivre dans la réforme des collectivités territoriales.
Il n’en est rien : Le texte qui vient d’être adopté en 1ère lecture à une courte majorité par l’Assemblée nationale constitue une régression et ajoute à la confusion en créant un conseiller territorial tiraillé dans un cumul entre les missions spécifiques du département et celles de la région. De plus, ce projet raye d’un trait de plume la parité, marquant un recul grave de la démocratie dans notre pays.
En réalité, ce pouvoir veut tout contrôler, justice, presse, assemblées et entend recentraliser tous les pouvoirs en mettant au pas des collectivités démocratiquement élues. L’efficacité des Régions et des Départements s’en trouverait non seulement affaiblie dans leurs missions, mais leur représentation serait désormais fondée sur un redécoupage politicien de super-cantons taillés sur mesure par ce gouvernement.
En Région Centre, le nombre de conseillers régionaux passerait de 77 à 172. L’argument de la réduction du nombre d’élus locaux pour des raisons d’économie est donc tout à fait fallacieux. Ces assemblées coûteuses et ingouvernables seraient incapables de s’engager avec efficacité, comme l’exige l’urgence économique, sociale et environnementale, sur la recherche et l’innovation, les infrastructures régionales et la création d’activités durables.
Ce projet défait la création des régions dans leur principe en les transformant en congrès de Départements, voués à répartir les dotations financières de l’Etat, transférant de fait à ce dernier la totalité des compétences actuelles des Régions.
Cette situation est aggravée par le gel des dotations qui met en péril l’avenir des services publics locaux. Avec ce texte, le gouvernement porte la dernière estocade en attaquant le dernier rempart de la solidarité que sont les collectivités locales.
Un acte trois de la décentralisation est nécessaire : Ce n’est pas le choix du Gouvernement et de sa majorité qui se situe à contre-courant du mouvement engagé dans les grands pays européens. Nous sommes mobilisés avec la plus grande détermination contre ce déni de démocratie et cette négation de la décentralisation. Nous réclamons une vraie réforme qui clarifie réellement les compétences de chaque collectivité, renforce la proximité avec nos concitoyens, et permette à des régions fortes d’assumer leurs missions dans la formation, l’aménagement du territoire et le soutien à l’activité économique.








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