Vers la société du bien être
Discours de Martine Aubry au conseil national
Martine AUBRY a développé lors de son intervention au Conseil National d’hier soir le concept de société du “bien-être” ou du “soin” ou du “care”.
Elle veut faire de l’”attention aux autres” un des axes forts du projet de société du PS pour l’élection présidentielle de 2012, par opposition à la “société du mépris” qu’incarne à ses yeux le sarkozysme.
Mardi, lors de la convention des socialistes sur leur nouveau modèle de société, la patronne du PS a lancé: “Nous voulons une société du bien-être mais nous voulons aussi une société du respect (…) Nous ne supportons pas la société du mépris, celle qui oublie les plus âgés, celle qui humilie les plus faibles”.
Pour l’ex-numéro deux du gouvernement Jospin, il s’agit de “recréer une société du lien et de réduire les humiliations dans la société”, estimant que leur projet “doit porter ces grandes transformations”.
Le 2 avril, dans une interview-fleuve à Mediapart, Mme Aubry introduisait pour la première fois depuis son élection à la tête du PS cette “société du care” ou du “soin” (”take care” signifie “prendre soin”), théorie développée notamment par l’univeristaire américaine Joan Tronto dans son ouvrage “Un monde vulnérable. Pour une politique du care”.
La maire de Lille prône “un autre modèle de développement économique, social et durable, mais aussi un autre rapport des individus entre eux et avec le collectif”. Pour elle, cette “société du bien-être et du respect” vise à passer “d’une société individualiste à une société du +care+, selon le mot anglais, que l’on pourrait traduire par +le soin mutuel+: la société prend soin de vous, mais vous devez aussi prendre soin des autres et de la société”.
Récemment dans Le Monde, elle explicitait la notion de “soin”: une “aide de qualité aux personnes fragilisées, le traitement des grandes dépendances, les soins corporels et vitaux quotidiens”.
Réaction vive du journaliste Jean-Michel Apathie qui a dénoncé un “galimatias de bons sentiments” dans un billet sur son blog titré “le +care+ ou la nunucherie en politique”.
A La Mutualité mardi, Mme Aubry a évité le mot “care” et répondu implicitement au journaliste: “Je revoudrais redire –même si ça parait nunuche comme le disent certains– qu’aucune allocation ne remplace les chaînes de soins, les solidarités familiales et amicales, l’attention du voisinage, l’engagement d’une société tout entière”.
Autre bémol, celui de François Hollande. L’ex-patron du PS se “méfie des slogans”: “On ne vit pas dans un monde édulcoré”.
Dans une tribune sur Mediapart la philosophe Sandra Laugier, le psychologue Pascale Molinier et la sociologue Patricia Paperman ont jugé que “faute d’une compréhension de la dimension politique des sentiments, et de l’expérience concrète du travail de +care+, l’appel à une +société du soin+ est aussi vain que conformiste”.
Pour le socialiste Alain Bergounioux, historien du parti, “c’est plus original dans la formulation actuelle mais, sur le fond, c’est la tradition du socialisme moral”, fondé sur l’idée de “l’association et de la réciprocité”.
“C’est la volonté de promouvoir une société plus douce par rapport à celle, très dure, qu’incarne Nicolas Sarkozy qui semble dire +I don’t care+” (”je m’en fiche”, ndlr), défend de son côté Gilles Finchelstein, directeur de la Fondation Jean-Jaurès, proche du PS. Le care, “c’est le souci des autres contre le seul souci de soi”, a-t-il dit à L’Express.
Ce concept désormais développé par le PS semble faire écho à la commission du Prix Nobel Joseph Stiglitz qui, après un travail d’un an sur demande de l’Elysée, avait suggéré fin 2009 que les indicateurs économiques prennnent mieux en compte les activités non-marchandes et le bien-être dans la société.
D’après AFP.
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7 mai 2010 à 8:57
J’ai appris que le PS organisait un débat sur les Convention lancées par M.Aubry. Je ne suis pas adhérente, mais à la lecture de vos articles, j’ai envie de voir ce que donne ses débats.
Puis je venir ?
17 mai 2010 à 5:11
Bien sûr, vous pouvez m’envoyer un mail à contact@davidlebon.fr pour que nous puissions organiser cela.