Retraites : quelques chiffres pour débattre
Avant que nous engagions le débat sur l’avenir des retraites, il me semble bon de rappeler quelques chiffres éclairant la réalité de ce que vivent ceux qui font valoir leur droit de départ en retraite:
- nombre de retraités : 14,5 millions au 31/12/2007 (chiffre INSEE fin 2007 : retraités de droit de direct hors pensions de réversion qui concernent 1,1 M personnes de plus) A mon avis on peut donner le chiffre de 15 millions vu que l’augmentation est de 400 000 pour le régime général au 31/12/2008 par rapport au 31/12/2007
- nombre d’allocataires du minimum vieillesse : 586 700 (4% des plus de 60 ans) au 31/12/2007 (chiffres DREES de février 2009)
- minimum vieillesse : 677 euros mensuels
- minimum contributif : 590 euros (actualisé 2009 – site CNAV)
- prime exceptionnelle : 200 euros sur l’année (2008 et 2009)
- nombre de retraités sous le seuil de pauvreté : 1,2 million (étude INSEE mai 2009)
9,7% des + de 60 ans en dessous du seuil de pauvreté en 2007 contre 9,1% en 2005.
- nombre de retraités percevant le SMIC ou moins que le SMIC : 6 millions, soit près de 50 %
- niveau de vie médian des retraités par rapport au niveau de vie des actifs : 89,8% en 2007
Montant moyen retraite homme : 1625 euros
Montant moyen retraite femme : 979 euros
NB : derniers chiffres dates de 2004, et ne concernent que les retraités de plus de 65 ans
- revalorisation du régime de base au 1er avril 2009 : 1,01 %
- coût d’une majoration de 5 % du minimum vieillesse : 500 millions
- coût d’une majoration de 25 % du minimum vieillesse ; 2,4 milliards
- espérance de vie moyenne : 81 ans (84,5 pour les femmes, 77,8 pour les hommes)
- inégalité d’espérance de vie à 60 ans selon les métiers : près de 10 ans
- âge moyen d’accès à la retraite : 59,1 ans en moyenne sur 2005-2007
- âge moyen de départ à la retraite : 61,6 ans (en 2009)
- taux d’activité des salariés âgés de plus de 55 ans : 38,2 % en France contre 45,6 % dans l’Union européenne
- taux d’emploi des 55-59 ans : 56,3 %, et des 60-64 ans : 16,3%
- nombre de seniors dispensés de recherche d’emplois : 352 000 (2008)
- nombre de départs en retraite anticipés de 2004 à 2008 (le dispositif s’arrête fin 2009) : 100 000 à 120 000 par an (80% d’hommes)
- taux de fécondité : 1,99 (en 2009)
- montant annuel des compensation financières versé par le régime général au profit des régimes particuliers : 5 milliards (2008)
- proportion des dépenses de retraites dans le PIB en 2008 : 12,5 %
- proportion probable des dépenses de retraites dans le PIB en 2020 : 12,6 %
NB : le chiffre n’est pas réactualisé (attente rapport COR) mais sera très probablement réévalué à la hausse
- économies obtenues au détriment des retraités en cas d’allongement de la durée de cotisations en 2020 : 2,5 milliards
- volume des exonérations des cotisations sociales : 30,7 milliards annuels (chiffre ACOSS 2009) dont plus de 3 milliards non remboursés par l’Etat
- bénéfice d’une sollicitation des niches sociales (stock option, etc… ): 3,2 milliards.
NB : cela dépend de la définition et du périmètre des niches sociales : Stock-options : 3 mds, mais si on ajoute intéressement et participation : 8 Mds
- bénéfice de l’annulation de l’exonération des grosses successions : près de 2 milliards
Voilà pour le cadre général. A mes yeux, le débat doit porter sur le maintien su système de retraite par répartition et le montant des pensions. Aujourd’hui, on part de plus en plus tard car les retraites ne sont pas complètes et le niveau des pensions trop bas.
La réforme Balladur a vidé d’une partie de sa substance la notion d’âge légal de départ en retraite. Si
pouvoir partir à la retraite à 60 ans est un droit qui doit être maintenu, l’allongement des durées de
cotisation requises depuis la réforme Fillon de 2003 (40 ans et demi actuellement et un trimestre de plus
chaque année jusqu’à 42 ans) a porté l’âge de départ effectif à la retraite à de 61,6 ans en moyenne en
2009. En revanche, ceux qui ont leurs trimestres avant 60 ans, sauf exception, ne peuvent pas faire
valoir leurs droits à la retraite avant 60 ans ; nous devons corriger cette injustice. Si certains prennent de
fait aujourd’hui leur retraite à 61 ans ou 62 ans, il faut que d’autres puissent partir par exemple à
58 ou 59 ans en fonction de l’âge d’entrée dans la vie active et de la pénibilité. Voilà ce qui a été dit
par Martine AUBRY dimanche dernier.








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