Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage

Ce dicton est bien connu des libéraux qui, lorsqu’ils sont en responsabilité, l’utilisent pour organiser la privatisation des services publics et le recul des droits collectifs.

Notre député Gorges a, dans ce domaine, le mérite de la cohérence. Il est contre les impôts. Tous. Tout le temps. Simpliste et populiste, comme souvent. Il préfère faire payer les “usagers” en les opposant bien artificiellement aux “contribuables”. Les utilisateurs des parkings de Chartres (1,6 E/heure) et ceux de la nouvelle piscine (de 4,5 E à 6,5 E/entrée) savent bien qu’il y a des impôts déguisés qui pèsent plus lourd dans notre budget que ceux qui sont officiels. Ça les libéraux oublient de le dire.

Dérégulateur forcené au niveau local, il n’est pas en reste au niveau parlementaire. Critique sur la taxe carbone, il est très silencieux et coupable dans ses votes sur 2 sujets d’actualité majeurs:

1. la taxation des bénéfices des banques de 10%. Malgré la ferme opposition du gouvernement, l’Assemblée avait adopté vendredi, par 44 voix contre 40 et trois abstentions, un amendement du président PS de la commission des Finances, Didier Migaud, imposant aux banques une taxe additionnelle (10%) à l’impôt sur les sociétés. Cette mesure avait été approuvée par quelques députés UMP présents qui l’avaient toutefois limitée à un an.

Jean-Pierre Gorges qui apprécie beaucoup les banques pour y avoir exercé, s’oppose à leur demander un effort et à toute mesure contraignante, malgré les bénéfices records de celles-ci, alors même qu’elles ont largement bénéficié d’aides de l’Etat lors de la crise. Grâce à notre député maire, on comprend vite que lorsque l’on se fait licencier (+44000 chômeurs  au mois de septembre, dont +2,3 en Eure-et-Loir), les efforts on va devoir les faire tout seul.

2. Le projet de loi dit PLFSS (Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale). Il faut ici saluer le travail d’un député UMP. Non, pas Jean-Pierre Gorges. Lui se distinguera par un soutien sans faille au gouvernement sur ce dossier. Mais il faut saluer le travail de Yves Bur, le rapporteur du budget de la Sécurité sociale. Il s’est étonné mardi, à l’ouverture du débat sur le projet de budget 2010 de la Sécu, de la “timidité” du gouvernement par rapport aux “recettes supplémentaires” qu’il a proposées.

“La commission des Affaires sociales a voulu amplifier l’effort du gouvernement en nettoyant quelques niches sociales supplémentaires”, a-t-il dit, en citant “celles qui profitent aux retraites chapeau”, à la “commercialisation de l’image de certains sportifs” ou encore “les stock options”.

“La majoration du prix du tabac, qu’il faut considérer comme une mesure de santé publique, veut priver les industriels de la mort, je veux dire les cigaretiers, de plus de 60 millions d’euros de profits prélevés sur la santé des fumeurs. Les autres amendements témoignent du souci de mettre fin à de nombreuses anomalies contestables à l’heure où les régimes sociaux ont besoin de recettes supplémentaires”, a poursuivi M. Bur.

Mais “je sens que le gouvernement fait la fine bouche devant ce milliard de recettes supplémentaires, toutes pérennes”, a-t-il noté, en souhaitant que le débat permette de “comprendre cette timidité surprenante par ces temps de disette financière”.

Plusieurs dispositions, votées en commission pour renflouer les caisses de la Sécu, n’ont pas été acceptées mardi par la majorité du groupe UMP, comme la limitation des honoraires libres pour les médecins exerçant en secteur 2, la taxe sur les boissons sucrées et une autre sur les restaurateurs.

La ficelle est un peu grosse. On organise le non financement de la sécurité sociale pour mieux vendre sa privatisation. Et ça Jean-Pierre Gorges, il aime bien. La crise n’a donc eu aucun effet sur les parlementaires UMP, à quelques rares exceptions dont ne fait pas partie notre député. Dommage j’ai presque cru que son opposition sur la taxe carbone partait d’un bon fond. Celui de défendre les plus fragiles.

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