Européennes: Quotas laitier et la responsabilité de l’UMP
L’UMP assume rarement ses bilans. Un exemple des plus parlant est celui des quotas laitiers. Vous avez vu, comme moi, la colère de ces producteurs devant la Préfecture la semaine dernière. Voici une petite explication des raisons qui les ont conduit à manifester aujourd’hui. Vous allez voir que l’UMP n’y est pas pour rien…
Rappel historique et bénéfices de la régulation :
Le secteur laitier est particulièrement important dans l’Union européenne car tous les Etats membres
produisent du lait, les deux principaux étant l’Allemagne ave 20% de la production européenne et la
France avec 17%.
D’une situation déficitaire après guerre, l’Europe est passée à l’autosuffisance dès 1974, puis elle a rapidement connu de gros excédents de production qui ont conduit à l’instauration d’une politique de maîtrise des volumes via les quotas laitiers à partir de 1984. Ceci a permis de stabiliser le secteur, de maintenir le niveau des prix et d’assurer la poursuite de la production dans de nombreuses exploitations sur une grande partie du territoire, bénéficiant ainsi tant aux producteurs qu’aux transformateurs.
Fin 2007, la hausse des prix des denrées alimentaires au niveau mondial a provoqué une crise alimentaire de grande ampleur et a été à l’origine de véritables émeutes de la faim dans plusieurs pays en développement. Concernant le lait, la pénurie pouvait s’expliquer par une augmentation de la demande mondiale, notamment de pays comme la Chine et l’Inde, mais aussi par une diminution de l’offre directement liée aux politiques européennes. Les réformes successives de la PAC avaient en effet conduit à réduire considérablement les dépenses européennes visant à soutenir le marché des produits laitiers (réduction des prix de soutien, des interventions sur le marché et des subventions à l’exportation). Certains éleveurs ont dû abandonner leurs vaches laitières pour s’orienter vers la viande bovine comme en France, ou ont même délaissé l’élevage bovin pour les cultures céréalières comme en Allemagne.
Après avoir beaucoup augmenté dans un premier temps sous l’effet de la demande et du fait d’une
pénurie (en 2007 il manquait près de 100 000 vaches laitières à la France pour atteindre son quota et en Europe plus d’un milliard de litres de lait pour satisfaire la demande intérieure), les prix du lait ont ensuite fortement baissé avec la crise économique, la baisse de la demande mondiale et la concurrence d’autres pays. Ils ont perdu 50 % par rapport à leur pic de l’automne 2007 pour atteindre 20 cents par litre.
Dérégulation : la faute du gouvernement français
Cette crise confirme qu’une gestion de l’offre est indispensable dans le secteur laitier, or c’est là où
le bat blesse : Sous l’influence de la droite majoritaire en Europe, l’heure n’était ces dernières années plus à la maîtrise de la production mais à sa libéralisation afin d’accentuer « la réactivité des producteurs face aux signaux du marché. »
Lors de la présidence française de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy et son ministre de l’agriculture, Michel Barnier, aujourd’hui tête de liste en Ile de France pour les élections européennes, ont accepté la fin des quotas d’ici 2015. Celle-ci doit passer par une augmentation de 1% par an des quotas nationaux et ce, jusqu’à leur suppression définitive. La revendication actuelle de Michel Barnier d’un retour sur cette augmentation de 1% ne remet donc pas en cause le principe même de la fin des quotas, seul outil de régulation du secteur.
Lors du vote en première lecture du budget 2009, les socialistes français ont voté en faveur d’un fonds laitier de 600 millions d’euros afin de compenser la perte de quotas. Malheureusement le Conseil, qui a le dernier mot en matière de dépenses agricoles, n’ a pas retenu cette idée. Là encore, le gouvernement français n’a rien fait pour soutenir cette initiative du Parlement européen.
MM Barnier et Sarkozy ne semblent pas non plus prêts à se mobiliser pour convaincre le Conseil de débloquer l’intégralité des 1, 020 milliards d’euros prévus par le plan de relance de la Commission européenne en direction du Fonds de développement rural qui pourra dorénavant venir en aide au secteur laitier.
Sous l’effet de la crise et de la colère du secteur agricole, MM Barnier et Sarkozy font des effets de manche et prétendent réintroduire un semblant de régulation, quand ils ont en réalité participé à la dérégulation qui nous mène au mur.
Les causes et les effets de leur politique sont les mêmes qu’il s’agisse des marchés financiers, de l’éducation, de la santé ou de l’agriculture : ne soyons pas dupes de leurs promesses d’aujourd’hui, leurs actes passés sont révélateurs d’une conception radicalement différente de la notre.
Pour changer d’approche en matière agricole, c’est la majorité politique au niveau européen qu’il faut changer, seuls les socialistes peuvent porter ce changement.
Que pensent les parlementaires UMP d’Eure-et-Loir de la situation des producteurs de lait?








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