Selon une enquête de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) le RSA a « un impact limité en terme de maintien ou d’accès à l’emploi ». En effet, « aucune différence significative » n’a été observée entre les zones tests, dans lesquelles le RSA a été expérimenté, et les zones témoins, zones comparables où le RSA n’a pas été expérimenté. La Drees fait apparaître que le RSA est contre-productif.
Le rapport précise en effet que la reprise d’emploi est plus importante pour les personnes titulaires d’un baccalauréat. Et les auteurs de cette étude de conclure : « Il semblerait donc que l’accès à l’emploi ait été facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles ». Donc pour des populations qui n’en avaient pas réellement besoin. En revanche, pour les moins diplômés, le RSA s’avère être un véritable boulet : dans les zones tests avec RSA ,seuls 8% d’entre eux ont retrouvé un emploi, contre 12% pour les zones témoins – sans RSA. Inquiétant, quand on sait que les non diplômés sont sur représentés chez les futurs bénéficiaires du RSA (seul un sur cinq est titulaire du bac) !
Des différences entre départements qui n’arrangeront rien !
Il n’y a pas d’amélioration observable dans les territoires qui ont testé le dispositif.
Certes, la gestion du RSA étant décentralisée, les mesures d’accompagnement pourront différer selon les départements. Mais comme le passage du RMI au RSA va se faire à moyens constants dans la plupart des conseils généraux, on peut légitimement douter du volontarisme sur la question.
Enfin, le rapport met en cause le mode de calcul même du RSA. L’allocation va fluctuer en fonction du salaire. En cela, elle va créer une instabilité car les bénéficiaires s’interrogeront chaque mois sur le montant de leurs droits, sans savoir véritablement si des erreurs ont été commises ou non. Le Canard enchaîné du 8 avril faisait état de 4 lettres envoyées au même chômeur en même temps et accordant 4 montants d’allocation différents. Cette « variabilité » des droits est une source inépuisable d’inquiétude chez les allocataires : « 64 % des personnes préfèrent avoir une allocation fixe chaque mois plutôt qu’une allocation qui varie ».
Ce n’est pas tout. Le rapport de la Drees montre aussi que l’objectif initial du RSA, qui était de motiver et récompenser le travail, est loin d’être atteint. Au contraire, « la diminution de l’allocation en lien avec l’augmentation des revenus d’activité est vécue comme une injustice, même si les ressources globales de l’allocataire s’améliorent ».
Pas de commentaire, réagissez ! » Posté le 4 mai 2009 - Catégorie Débattre - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -