G20, une leçon pour Sarkozy et les libéraux

Il faut tout d’abord se féliciter de la tenue d’une réunion des dirigeants représentant 90% de la population et les 2/3 de la production mondiale. Il faut se féliciter de voir ainsi s’affirmer le monde multipolaire que les socialistes du monde entier appellent de leurs vœux depuis des années. Le G7 doit donc être définitivement enterré pour cette forme, transitoire, de groupe des 20 premières économies de monde. Transitoire car, et nous y reviendrons, une véritable régulation mondiale passe par une gouvernance économique au sein des “Nations unies” au fonctionnement réellement démocratique.

Le résultat du G20 de Londres doit être remarqué. Sous l’impulsion notamment de B. OBAMA et G. BROWN, il marque une étape dans la prise en compte collective de l’importance de la crise internationale en impulsant un plan de relance mondial et en proposant une régulation mondiale plus efficace. Sur ces bases, il convient maintenant que les décisions concrètent et rapides soient prises collectivement au niveau des pays signataires comme individuellement par chacun des pays concernés. Nicolas Sarkozy, plutôt que de tenter de tirer la couverture à lui, devrait s’atteler à agir, dans son pays, contre la crise.

S’il faut saluer ces avancées, il faut que ce pas en avant en appelle d’autres, beaucoup plus ambitieux, vers une refonte en profondeur du système financier mondial. Au-delà des mots et des déclarations d’intention, se sont des mesures réellement contraignantes qui sont nécessaires. Au-delà des mesures d’urgence c’est l’ensemble du système financier et économique mondial qu’il faut revoir en profondeur. Les socialistes regrettent d’ailleurs qu’aucun calendrier avec un programme de travail visant à construire ce nouveau modèle ne soit à l’ordre du jour. Si l’urgence de la crise commande d’agir, sa gravité et sa force imposent de prévoir l’avenir.

Parmi les avancées les plus marquantes figure le très net renforcement des moyens du FMI et de la Banque Mondiale. Des moyens importants vont pouvoir être injectés dans l’économie mondiale, notamment pour soutenir la consommation. La solidarité entre les pays qui ont les moyens d’agir et les autres va pouvoir s’exercer davantage.

Cette insistance de la communauté internationale sur les moyens nécessaires à la relance souligne plus que jamais l’insuffisance criante du plan de relance de Nicolas SARKOZY. Les socialistes attendent du président de la République qu’il applique à Paris ce qu’il a signé à Londres, qu’il lance enfin un véritable plan de relance ambitieux pour notre pays. Ce Plan devra associer investissement et soutien à la consommation avec des investissements pouvant démarrer immédiatement et surtout un puissant volet sur le pouvoir d’achat, seul en mesure de remplir rapidement les carnets de commande des entreprises et d’enrayer les vagues de licenciements.

Le G20 propose aussi une plus grande régulation en mettant fin aux paradis fiscaux et l’instauration de principes exigeants concernant la rémunération des banquiers. Encore une fois, Nicolas Sarkozy doit cesser le double langage en affirmant à l’étranger un soutien à des politiques publiques qu’il refuse de mettre en place dans son propre pays. La crédibilité de la parole de la France s’en trouve aujourd’hui menacée.

Il faut donc que les parlementaires de la majorité présidentielle (Mais où est Jean-Pierre Gorge?. Opposition, majorité? Le discours est changeant entre Paris et Chartres) à voter la proposition de Loi déposée par les députés socialistes et républicains, et débattue le 30 avril prochain, contenant les éléments d’un plan de relance ambitieux et d’un encadrement réel des salaires des dirigeants des grandes entreprises.

Les Françaises et les Français payent, en raison de l’inaction du gouvernement et du président de la République, un lourd tribut à la crise. La moralisation vantée dans les discours présidentiels doit désormais s’appliquer à celui qui les prononce. Le 30 avril prochain, nous saurons si cette réunion du G20 était bien un moment de prise de conscience de la gravité de la crise mondiale ou une entreprise de communication interne et nationale du président de la République. Les libéraux de tous bords (et nous avons à Chartres certainement un spécimen des plus extrêmes) en sont aujourd’hui pour leurs frais. Leur idéologie est responsable de la crise. Ils vont devoir, sous la pression des opinions publiques (et notamment celle américaine) changer de dogme. Il faudra être vigilant pour les forcer à tirer toutes les conclusions de cette crise et ne pas faire des gesticulations qui n’auront comme objectif que de cacher leur manque de réelle volonté de changer un système à bout de souffle.

Il faut espérer que l’aveuglement du gouvernement et des députés UMP prenne fin car c’est une condition pour que la crise cesse dans les meilleurs délais.

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