Jeudi 2 septembre 2010

    Conseil Municipal, 20h30, Hôtel de Ville

    Samedi 4 septembre 2010

    Rassemblement “Face à la xénophobie et à la politique du pilori”
    LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
    A Chartres: 10H30 : rassemblement devant le monument des Droits de l’Homme
    A Paris: 14h: Place de la République (Rdv des socialistes: 13h45, rue du Faubourg du Temple)

    Paris-MatchBureau de vote de la Madeleine, votation citoyenne sur l'avenir de la PosteBureau de vote de la Madeleine, votation citoyenne sur l'avenir de la PosteA Angoulême pour la manifestation contre la privatisation de La Poste

David Lebon sur Facebook

Népotisme?

Le népotisme (du latin nepos, nepotis, « petit-fils») est la tendance de certains papes, et par extension de certains dirigeants à favoriser l’ascension de leur famille ou leur entourage dans la hiérarchie dont ils sont le sommet.

Pourquoi ce rappel de définition? Comme vous vous en doutez cela a un rapport avec la proposition de Loi de Jean-Pierre Gorges pour “libérer le recrutement dans la fonction publique territoriale” (N°1393).

Même si l’on ne connaît pas encore le détail de cette proposition, les habitués du Conseil Municipal de Chartres connaissent bien la vieille rengaine du maire libéral de notre ville: ” je veux pouvoir recruter plus librement et payer plus cher le personnel de Mairie. Comme cela nous pourrons être plus efficace avec moins de monde”.

Au-delà du fond anti-fonctionnaire de la « pensée gorgienne », il y a une remise en cause des principes républicains qui animent la fonction publique, territoriale ou nationale.

Vous remarquerez que pour les libéraux la Loi est une entrave, les règles de recrutement une restriction des “libertés”…

Il est nécessaire de dénoncer le populisme d’une telle proposition qui laisserait, tout d’abord, croire que l’on ne puisse pas recruter librement les fonctionnaires de sa collectivité. Aujourd’hui des postes sont ouverts et ensuite la collectivité procède au recrutement en interne, ou si ce n’est pas possible, en externe (autre collectivité ou liste d’aptitude).

La Liberté est donc déjà existante et la Loi en vigueur protège des abus. Ainsi, il existe un concours pour permettre à chacun de pouvoir accéder à un emploi de fonctionnaire, non pas sur ses relations, mais sur ses aptitudes, ses capacités. Je rappelle qu’aux termes de l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, tous les citoyens « sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ». L’égalité d’accès est garantie par le concours.

C’est pourquoi il faut dénoncer la dangerosité de la proposition de Mr. Gorges.

“Libérer” le recrutement comme le propose régulièrement des parlementaires libéraux n’a pour autre but que de créer de l’arbitraire et de l’injustice. Les possibilités de recrutement sans concours sont déjà nombreuses avec plusieurs conséquences : l’augmentation de la précarité dans la fonction publique (emplois précaires) avec la multiplication de contractuels, la dégradation du service public (neutralité des fonctionnaires remise en cause par des élus peu scrupuleux, remise en cause de l’intérêt général, détournement de la Loi, etc…) par l’asservissement des fonctionnaires qui ne servent plus la collectivité et les citoyens mais les élus,  et enfin la dégradation de l’emploi public (la puissance publique peut agir par l’intermédiaire de fonctionnaires qui servent l’intérêt général et non les intérêts particuliers).

Le concours républicain, et des règles administratives claires, permettent aussi de protéger les élus contre eux-mêmes. Un exemple parlant: un maire dont les enfants sont en difficultés et n’arrivent pas à trouver d’emplois peut être tenté de les recruter dans sa collectivité. Aujourd’hui il ne peut le faire que sur certains types d’emplois (principalement de cabinet ou sans qualifications). Avec la “liberté” voulue par Gorges, ses enfants qui n’auront comme privilège et qualité que d’être bien nés occuperaient des emplois et rempliraient des missions que des personnes, qui auront la formation et les qualifications pour cela, pourraient et devraient remplir.

Restaurer les privilèges et l’arbitraire dans les recrutements, voilà si ce n’est le but, tout du moins les conséquences de la proposition de Loi de Jean-Pierre Gorges.

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